L’étincelle dans l’oeil

Chère personne déprimée, ma lettre t’est destinée aujourd’hui.

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Tu vas pas bien.

Ça s’voit tusuite, t’as l’air d’avoir pogné la maladie d’la déprime. T’as une aura noire qui t’flotte autour d’la tête.

La seule image de toi qu’le miroir te renvoie, c’est ta face avec un sourire effacé pis des cernes foncées.

Ton reflet, ç’t’une peau terne pis un regard vide.

Entièrement vide.

T’as perdu l’étincelle que t’avais dans les yeux.

Tu l’as fait glisser avec la dernière larme que t’as laissé couler. À s’est éteinte sur ta joue pis ‘est morte su’l plancher.

Sauf que c’est quand l’étincelle disparaît qu’on s’met à voir en noir.

Pis essayer d’la retrouver, c’est comme chercher un grain d’sel dans un tas d’sucre. Ç’t’une chasse au trésor sans plan pis sans indice.

Ça mène à rien.

T’aurais besoin qu’le vent t’souffle un p’tit peu d’poussière d’étoiles dans les yeux. Une parcelle d’or dans chaque œil pour qu’les deux puissent retrouver l’éclat qu’y’ont perdu.

Pour qu’y reprennent vie.

Pis toi aussi en même temps.

T’aurais besoin d’voler un peu d’feu au Soleil pour éclairer l’dedans des trous noirs que t’as d’cachés derrière les paupières.

Pour que ça t’brûle dans les tripes, aussi.

Pis qu’ça rallume une flamme à l’intérieur de toi en même temps. Parce que t’as abandonné ta lumière.

Si j’pouvais, j’t’aiderais bein à la récupérer.

J’te remplirais une jarre entière de paillettes pis d’patentes qui brillent pour que tu t’en insères dans les yeux au compte-gouttes.

J’capturerais un p’tit bout d’arc-en-ciel dans une boîte pis j’te donnerais ça en cadeau pour que tu puisses repeindre ta vie en couleur pis tuer l’noir à coups d’pinceau.

J’ferais pousser d’la lumière dans l’creux d’mes mains, si j’pouvais.

J’cultiverais des sourires dans mon jardin pis j’t’en ferais cueillir un. Celui qu’tu veux.

J’soignerais ton p’tit cœur brisé avec du scotch-tape, du fil pis des aiguilles, si j’pouvais.

J’dépouillerais la Lune de sa lueur qui réussit à combattre l’obscurité chaque soir, pis j’te l’offrirais.

J’prendrais toutes les lumières d’la ville en otage, si j’pouvais.

Si j’pouvais.

Mais j’peux pas.

Ç’t’à toi d’poser l’doigt sur l’interrupteur pis d’rallumer la lumière.

Ton étincelle va finir par revenir. Mais promets-moi qu’après son retour, tu vas faire attention à elle quand tu vas pleurer.

Parce que tu voudrais pas la perdre une deuxième fois.

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