L’ampoule toujours allumée

J’me suis installée une ampoule dans la tête.

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J’ai cherché l’secret du bonheur.

Longtemps.

Souvent.

J’ai l’ai cherché dans tous les recoins, même les plus sombres parce que c’est souvent là qu’y s’cache pour qu’on l’voit pas. Mais j’cherchais dans l’noir.

Parce que j’voyais la vie en teintes untipeu plus foncées depuis un bout.

J’aurais eu besoin d’une flashlight ou d’une quelconque source de lumière pour fouiller partout pis voir plus clair.

Pour tuer l’obscurité.

Pis là, ça m’a frappé : la seule place où j’avais pas cherché, ç’tait en moi.

La lumière, ç’tait dans ma tête qu’y fallait qu’elle soit.

Le bonheur, c’est là qu’y s’était réfugié.

Depuis, j’ai vissé une ampoule dans mon esprit.

J’la ferme jamais.

Mais quand on est éclairé par en d’dans, ça coûte pas cher d’électricité.

J’dors avec une lumière allumée.

C’est comme une veilleuse qui tue les monstres.

Depuis, tout va bien.

Depuis, j’vois clair.

La lumière me rappelle que la vie est belle pis qu’elle est vraie, surtout.

J’vis dans du vrai.

Dans du clair.

Dans d’la couleur.

Dans du beau.

Du beau vrai.

Du vrai beau.

Fa’que j’en profite.

Depuis, en d’dans d’moi, le soleil se couche jamais.

Les étoiles dans mes yeux s’éteignent jamais.

La nuit, j’rêve en couleurs pis c’est beau.

C’est beau comme si j’étais daltonienne pis que j’voyais un arc-en-ciel pour la première fois après avoir miraculeusement perdu mon handicap.

Chaque matin, j’me réveille comme si j’avais jamais eu les yeux fermés.

J’me réveille comme un pus-pantoute-aveugle qui découvre la lumière et qui la regarde à s’en brûler les rétines.

J’me réveille comme un pus-pantoute-aveugle qui s’voit enfin dans l’miroir pis qui s’trouve beau, pas trop maigre ni trop gros parce que de toute façon y sait pas ç’que ces mots-là veulent dire.

J’me réveille comme un pus-pantoute-aveugle qui veut s’rattraper pour tout l’temps qu’il a perdu à vivre dans l’néant.

J’suis heureuse.

Le poids d’mon âme accote même pas celui d’une plume.

J’suis tellement légère que j’flotte.

L’air me sert de coussin moelleux pis j’flotte dedans.

La gravité arrive même pus à m’garder au sol. J’la vois essayer de m’pogner par les chevilles pendant que j’m’envole mais ses mains glissent sur ma peau pis finissent par me lâcher en frôlant mon p’tit orteil.

J’ai trouvé refuge sur un nuage pis j’ai scotché mes fesses dessus comme ça j’suis sûre de pas tomber.

Jamais.

J’vis dans une grosse bulle.

Une bulle de lumière que j’me suis bâtie.

J’pourrais plonger dans l’eau pis pas m’noyer. J’suis protégée.

J’ai peinturé l’noir avec mon soleil.

Pis d’la gouache imaginaire de toutes les couleurs parce que y’est pas question que j’vive en noir et blanc.

J’ai tué l’obscurité.

C’est d’même que j’me sens.

Tout ça, c’est ç’qui s’passe en moi.

Tout en même temps.

Ça va bein.

Pis tant que j’vais garder mon ampoule allumée, ça va continuer d’aller bien.

J’tiens l’bonheur dans ma main pis j’le lâcherai pas.

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