1 447 kilomètres pis des canisses

Ça s’fait-tu, s’aimer dans des canisses?

SplitShire_9993

J’ai toujours dit « je t’aime » en langage des signes parce que des mots c’est pas assez, c’est ben trop facile pis ça veut rien dire.

J’ai besoin d’prendre l’autre dans mes bras, de caresser son visage avec mes mains pis d’goûter à son sourire entre deux regards qui s’croisent.

Des gestes, ça peut pas mentir.

Ou du moins pas autant qu’sept lettres prononcées n’importe où, n’importe quand, à n’importe qui, n’importe comment.

Mais là, y’a rien que j’puisse faire.

Avec toi, c’est pas pareil.

J’peux pas t’dire comment mon cœur feel parce qu’on est trop loin.

1 447 kilomètres.

16 heures en voiture pis 276 à pied.

On dit qu’y faut aller là où l’vent nous mène mais des fois j’trouve qu’y souffle un peu trop fort.

Y sépare des gens sur son passage.

Astheure, y’a juste des ondes-pas-saines pis des lignes téléphoniques qui nous relient. J’trouve ça frette.

J’aimerais ça qu’on puisse se fabriquer d’quoi comme quand on était p’tits pis qu’tout était simple. S’construire notre propre téléphone pour juste-nous-deux-pis-personne-d’autre.

On aurait seulement besoin d’deux canisses vides de tomates en conserve pis d’un fil de laine entre les deux.

La distance deviendrait un jeu. M’semble que ça serait beau.

On pourrait retrouver notre cœur d’enfant pis s’aimer un p’tit peu naïvement.

On pourrait s’chuchoter des belles affaires pis être émerveillés d’les entendre vibrer dans notre oreille.

J’pourrais faire résonner mon cœur dans ma canisse pour qu’y s’rende jusqu’à toi parce que ça m’ferait du bien d’le faire parler.

On aurait besoin de rien d’autre pour juste être heureux à deux. Pis on aurait l’impression d’être moins loin.

On pourrait s’endormir en discutant pour supprimer d’notre bouche les « bye » répétitifs qu’on s’dit tout l’temps en raccrochant, trop souvent.

On pourrait s’raconter des histoires, p’t’être même la nôtre parce que les pages de celle qu’on s’est écrite sont les plus belles.

On pourrait jouer à s’aimer en souriant.

Avoir le feeling d’être 1 446,99 kilomètres plus près que ç’qu’on est vraiment.

J’te dis juste ça parce que j’veux pas arrêter d’entendre ta voix. C’est l’seul bout d’toi qui m’reste d’atteignable.

Fa’que, s’il-te-plaît appelle-moi. N’importe où, n’importe quand, n’importe comment pis même n’importe pourquoi.

Tant qu’tes mots voyagent dans mes oreilles.

Dis-moi qu’où tu es, tu penses au moins un peu à moi.

Que même loin de 1 447 kilomètres, y’a une partie d’moi qui t’accompagne encore.

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