Collabo: Les premières étreintes

Texte écrit par Dominique Babin.

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C’est sur un lit qui n’est pas le mien que j’ai commencé ce texte, essayant de m’inspirer de ce lieu qui, un peu comme toi, m’est à la fois inconnu et si intime. Il me semble que de me retrouver célibataire me soit revenu plus facilement que de réapprendre à connaître un corps et que de redévoiler le mien. Cela me fait drôle de me faire regarder les moindres recoins du corps, de me faire fixer longtemps parce que ma face est la nouveauté du mois, que mes vieux vêtements sont le streetstyle du jour et mes baisers, la nouvelle boisson de l’heure.

Les premières étreintes. La parfaite combinaison entre le malaise et la curiosité, le regard apeuré et plein d’espoir qui lui demande de ne pas nous décevoir et d’être indulgent quand même. C’est découvrir comment quelqu’un embrasse, comment quelqu’un te touche et comment il répond à tes caresses. C’est beaucoup d’heures à étudier ce qu’une personne aime, comment une personne réagit et à essayer de comprendre comment elle pense. C’est s’exercer à des mouvements qu’on croyait maîtriser, mais qui ne veulent plus rien dire maintenant.

Toutes les histoires ont des similitudes quand il commence à être question de faire dodo chez lui et que tu te traînes une mini valise dans ton sac. Commencer à fréquenter un gars, c’est aussi avoir une deuxième paire de bobettes dans ta sacoche. C’est aussi se questionner sur ses arrangements de sous-vêtements, les faire matcher avec ton soutien-gorge si tu comptes te ramasser toute nue et ne pas mettre tes plus beaux sous-vêtements quand tu essaies de te dire qu’à soir tu les ôteras pas (semi-efficace pour ma part).

C’est aussi essayer de pas trop souvent mettre les mêmes culottes pis développer un complexe de brassières parce que t’en as seulement deux, que tu alternes de temps en temps. C’est le moment de vérité où tu sais que, quand tu te lèves le matin, le mascara qui a coulé et le fond de teint imprégné sur l’oreiller, il te trouve belle pour vrai. Le potentiel amoureux se lit dans les restants de makeup tracés sur une taie.

C’est aussi le moment où, même si tu prends la peine de te peigner avant d’aller le voir, tu vas te ramasser avec les cheveux crêpés dignes des années 80 à cause de tout le frenchage. Tu auras les lèvres qui brûlent, tu sentiras encore son odeur sur toi longtemps après le départ et tu auras un sourire niais pendant toute la ride de métro. Tu vas arriver là exfoliée, hydratée au max de la tête au pied et repartir avec le désert dans la bouche parce qu’il n’a rien trouvé de mieux que tes lèvres pour s’abreuver.

Tu n’arriveras pas à te concentrer à la job parce que tu vas te ressasser toutes ses caresses, ses fossettes quand tu le fais sourire et la façon qu’il a de t’attirer contre lui pour t’embrasser. Tu passes ta journée à tourner en rond sans même t’en rendre compte, tu attends impatiemment le premier SMS qui vient après que vous vous soyez quittés, un genre de message qui te dit que c’était agréable, qu’il aurait voulu que tu restes dans ses bras plus longtemps, ou que son oreiller a ton odeur (et ton mascara et ton fond de teint).

On apprécie quand ça commence, mais on cherche des fois trop à comprendre où tout ça va mener alors que, le début, c’est le meilleur temps: les papillons dans le ventre et la tête qui tourne, c’est ce qui vient nous hanter dans une longue relation devenue un peu blasée. On passe notre temps à vouloir que ça aboutisse quelque part et à essayer de déchiffrer ce que la personne veut mais, quand on est rendu plus loin, on souhaiterait être au début. Alors pourquoi ne pas juste profiter du moment présent, apprécier qu’il veuille te toucher la lumière allumée, se satisfaire de ses mots doux sans chercher leurs significations, le laisser te faire perdre le contrôle, relaxer dans ses bras, blottir ton visage dans son cou et te laisser envahir de son odeur, lâcher ton fou et ne pas trop t’inquiéter de ce qui pourrait le faire fuir.

Juste rester vraie et fidèle à toi-même.

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2 réflexions sur “Collabo: Les premières étreintes

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