Mes p’tites miettes

J’ai l’cœur en miettes.

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Mon coeur en morceaux s’amuse à jouer au Petit Poucet pis y’échappe des miettes partout sur son passage.

Y’est brisé comme si je l’avais échappé par terre, comme si y’avait glissé d’mes mains sans que j’fasse exprès. J’ai toujours eu l’coeur fragile comme le cristal, ç’pour ça.

Y s’est séparé en plein d’miettes, en plein d’parties laides de moi, des parties moins l’fun parce que le beau lui y’est resté intact.

Y’a une miette pour mon premier love, celui qui m’a donné un coup d’masse sur la poitrine le jour où y m’a dit sans gêne « j’t’aime pus » à dix-sept ans au bar a’ec ses chums entre deux gorgées illégales de bière noire comme la couleur de ses mots.

La rupture qui r’monte à v’là longtemps mais qui fesse fort, la pire, the first cut is the deepest, c’est ça qu’y disent ou en tout cas Cat Stevens y l’disait en 67 pis ç’t’encore vrai, la première rupture te traumatise l’adolescence-complexée-d’coeur-acnéique jusqu’à toujours.

Y’a une miette pour la moi-d’avant qui était plus fine plus drôle plus toute que maintenant m’semble, celle qui riait pour rien pis qui avait pas mille morceaux d’coeur derrière la cage thoracique.

J’en avais juste un pis ç’tait mieux d’même, y battait plus fort plus vite plus vif.

Y’a une miette pour chaque personne que j’ai perdues en cours de route, celles qui sont sorties d’ma vie sur un coup d’tête ou sans l’vouloir vraiment, celles que j’verrai pus jamais ailleurs que sur Facebook ou même pus jamais pantoute parce qu’y’en a qui s’achètent un aller-simple hors de ma vie pis qui reviennent pus.

Sayonara, c’est plate la vie quand ça sépare des chemins en deux.

Y’a une miette pour mon lui de maintenant, mon LUI-en-majuscule parce que j’l’aime tellement qu’y mérite une ponctuation à la hauteur de mes sentiments, ma personne préférée, mon LUI préféré, ça m’fait même presque mal-bizarre aux feelings flous, ç’pour ça la miette.

Parce que c’est déprimant d’aimer aussi fort dans la confusion du « y m’aime-tu ».

Y’a une miette pour chaque question trop existentielle sans réponse que j’me pose trop-souvent-tout-l’temps, pourquoi la vie est faite de même, pourquoi la fille l’autre bord d’la rue est plus cute que moi, le bonheur doit être plus facile quand on a sa face, pourquoi ma voisine sourit plus vrai qu’mes lèvres qui s’forcent à courber bien, j’sais pas j’sais pus j’sais rien j’sais pas-toute-pantoute.

Y’a une miette pour chaque mot qu’j’ai reçu dans l’front, c’est plate parce que les compliments pis les phrases-fines on les oublie, on s’souvient juste des insultes pis des phrases-monstres comme « t’es pas smart » pis « t’as l’air grosse dans ton chandail ».

Fa’que mon coeur en mille morceaux échappe des miettes partout sur son passage, y s’fait une adaptation dramatico-théâtrale du Petit Poucet.

La seule différence c’est qu’moi j’les laisse pas tomber pour retrouver mon chemin après, j’les laisse tomber pour être sûre de pas r’tourner où j’me suis fait blesser une fois.

Pour que j’me rebâtisse un coeur-au-complet, pour que j’bouche ses trous avec des éclats d’bonheur pis des miettes de beau, pis pas juste du beau: du BEAU-en-majuscule.

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2 réflexions sur “Mes p’tites miettes

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