Collabo: Quatre bières chaque

Texte écrit par Valérie Bourdeau.

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C’était un homme-marée qui allait et qui venait dans ma vie à un rythme régulier. Son âge variait avec ses humeurs on s’était rencontré dans un groupe de gens qui refusent de vieillir quelques mois ou quelques années plus tôt. Le temps était une notion abstraite avec lui.

On devait aller boire de la bière dans un parc c’était avant que ce soit illégal j’ai choisi les bouteilles avec les plus belles images à l’épicerie j’avais amené des pailles spirales qui font que toute goûte meilleur. Il était pas content de mon choix de bières même si j’en avais pris huit différentes parce qu’il aimait avoir le choix dans la bière dans les filles dans toute. Je connais rien à ça qu’il a dit en regardant avec un peu de dégoût la sélection que j’ai sortie de mon sac. En théorie je buvais pas d’alcool depuis que j’avais réalisé que j’étais une moins bonne personne lorsqu’en état d’ébriété, mais je le laissais me corrompre depuis la première soirée qu’on avait passé ensemble, l’état éthylique était meilleur avec lui ça rendait tout ça plus facile.

On a bu en silence nos quatre bières chaque. Il a pas voulu prendre une paille spirale, il avait vieilli ce soir-là. Je me suis levée pour aller flatter ses cheveux, ils étaient beaux on aurait dit les poils de mon chat mais plus longs pas de la même couleur pis sans allergène qui me font feeler tout croche. J’touche les gens quand je bois pis je fais des allusions pas si allusives que ça, généralement ça l’excitait beaucoup, mais il devait avoir un peu plus de 18 ans ce soir-là, c’est difficile de séduire quelqu’un qui change toujours d’âge. Il restait de marbre il avait l’air pensif à cause de sa nouvelle job qu’il m’a dit je pense qu’il devenait un adulte même si s’était une de ses peurs.

On est resté comme ça à se frôler les cheveux des doigts, à se frôler les doigts quand ils étaient pas occupés à se flatter les cheveux mutuellement. J’aurais aimé aller chez lui sans doute qu’il aurait aimé ce qu’on aurait fait. Mais on était un peu malhabile de nos mots, on préférait attendre de se quitter pour s’envoyer un message texte plus tard dans la soirée quand on aurait continué à boire chacun de notre côté suffisamment pour se désinhiber. Viens me rejoindre que textait à l’autre le perdant du concours de l’indifférence.

Il s’est rien passé ce soir-là. Peut-être qu’il était vraiment déçu de mon choix de bières ou peut-être juste que mes commentaires avaient été subtils cette fois-là pis que ça l’avait rendu confus sur ce que je voulais. En tout cas, j’étais repartie chez moi toute seule, en soufflant dans ma paille rose et en évitant les lignes de trottoir. J’avais le cœur léger de ne pas grandir aussi vite que lui.

valerie_bourdeau

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